Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 18:44

 

En tant que représentante de la caste des Psy, je me suis procuré un exemplaire du dernier Michel Onfray qui a tant fait débat dans la profession et occasionné une levée de bouclier : "Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne".

 

En fait, je n'avais jamais lu un ouvrage de Michel Onfray, et je dois avouer qu'il est très agréable à lire, très vivant.

 

Dans son introduction, j'ai été ravie de constater qu'il a découvert Freud lord de ses années lycée et l'avait alors beaucoup apprécié. Pour moi ce fut lors d'une présentation libre d'ouvrage en Philosophie (notons ici que c'est bien en cours de Philo que j'étudiais Freud et pas en cours de science comme le souligne si bien M. Onfray) ou je choisis de faire un exposé sur Freud avec deux de ces ouvrages "Sur le rêve" et " Trois essais sur la théorie sexuelle".

 

Que nous dit donc Michel Onfray de si choquant?

 

Que la psychanalyse n'est pas universelle. Ben ça on le savait. Certes, certains de mes confrères psychopathologues ou psychanalystes ne seraient pas d'accord avec moi, mais je suis une psychologue cognitiviste (intelligence, perception, étude du comportement animal ou éthologie) spécialisée en Santé (notamment publique). Alors la sainteté de Feud ne m'intéresse pas en absolu et je suis disposée à entendre les critiques.

 

En effet, Freud est le pur produit de son époque : un lettré de la fin du XIX ème siècle, contemporain de nombreux grands homme de science et de lettres, tels Nietzsche, vivant à Vienne au début du XX ème siècle, juif (contemporain de la première guerre mondiale) et baignant dans une culture judéo-chrétienne.

Personnellement, je considère que la psychanalyse, ainsi que toutes les théories issues des théories analytiques, ne sont valables que dans une culture donnée, et nullement universelles. Argument que j'avais déjà utilisé lors de mon bac de philo "certaines personnes sont jugée "folles", inaptes à vivre dans nos sociétés et enfermées en hôpital psychiatrique, bourrées de traitement anti-psychotiques, alors que dans d'autre cultures elles peuvent êtres respectées (l'exemple que j'avais alors pris était celui du Gourou africain, même si cela paraît simpliste, j’aime les exemples simples mais parlants).

 

On ne peut pas dire que le complexe d'Oedipe soit universel, dit M. Onfray. Cela ne me choque pas. Nous sommes tous les produits d'une culture à un moment T. Alors… Tout cela me semble logique.

 

« Beaucoup de bruit pour rien » oserai-je dire en emprunt à Shakespeare.

 

Je n'ai pas encore finit l'ouvrage, mais il n'y a là pas grand chose de choquant : l'auteur nous dit que Freud était un grand névrosé et un mégalo.

Rien de nouveau sous le soleil, en somme.

 

Les théories freudiennes ont une bonne 100aine d'années. Heureusement que la psychologie a évolué depuis, l'inverse eut été choquant!

Et il n'en demeure pas moins exact que Freud a contribué à la naissance de la Psychologie Moderne. Ce n'est pas parce que tout n'est pas à prendre au pied de la lettre dans les théories freudiennes, qu'elles n'ont pas amorcées un  intérêt pour un domaine universitaire nouveau et des perspectives d'études de l'être humain tout à fait passionnantes.

D'ailleurs l'auteur le dit lui même.

J'estime que grâce à Freud, la Psychologie a été mise en lumière et a commencé à se créer une vraie place, non plus comme ersatz de la philosophie mais comme domaine d'étude à part entière.

 

Alors il reste une critique de l'homme Freud.

Soit.

En tant que Psychologue, ça ne m'empêchera pas de dormir.

La question est : fallait-il en faire un ouvrage ?

 

L’intérêt que j’y trouve, c’est la découverte d’un auteur qui écrit d’une façon très plaisante, et qui m’a donné une furieuse envie de lire Proudhon ou de relire Nietzsche.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Valithrae - Publié dans : Mes lectures
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